Le blog de Samély

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AVATAR 3D

17décembre

Je suis allée voir le film Avatar : la claque de chez claque et en trois dimensions s'il vous plaît !


Avant de m'emballer, autant prévenir, le point fort du film n'est pas le scénar ; si vous avez vu Pocahontas, c'est son grand frère. Le thème est un conte classique : Jake, un ancien marine blessé au combat, débarque en chaise roulante sur Pandora. Il remplace son frère jumeau  décédé, qui luié tait un scientifique, pour piloter un Avatar, une créature dont l'ADN est un mélange de celui de son pilote et des indigènes bleus et empêcheurs de piocher en rond qui peuplent Pandora. Grâce aux avatars, les terriens sont sensés gagner la confiance des schtroumpfs géants et les convaincre de faire leur balluchon et de quitter leur arbre maison pour que l'on puisse exploiter le précieux minerai du coin.Jake va découvrir une nouvelle vie, devenir un véritable Na'vi, aimer une jolie bleue, tandis que les militaires, sous le commandement d'un officier dont la finesse est inversement proportionnelle au nombre de cicatrices visibles va attaquer.


Allez, passons à l'essentiel : C'est magnifique ! Durant 2h40 on est plongé dans l'univers de Pandora et il est magique, poétique, impressionnant, touchant...


On parcoure avec Jake les sombres forêts qui la nuit venue s'illuminent de végétaux luminescents. Ce sont des abysses végétales.

Les montagnes sont suspendues, flottant dans l'air brumeux...

Jake et Neytiri. On aime ou on n'aime pas les Na'vi, moi j'aime ! Certains trouveront leur physique trop banal, trop stéréotypé, ou pas assez je ne sais quoi. Ce que je remarque c'est qu'esthétiquement, les Na'vi se fondent dans leur univers avec une grande harmonie.



Les demeures des clans de Na'vi sont des arbres maison, immenses, capable d'abriter tout un clan. On y vit, on y dort dans des hamacs... Lorsque j'ai vu l'arbre-maison du clan des Omaticaya, celui de Neytiri, j'ai pensé à Yggdrasil, l'axe du monde et d'ailleurs c'est un arbre qui est au coeur de toute vie sur Pandora : Celui qui est l'âme d'Eywa. Elle est la déesse des Na'vi, une force connecté à tout l'univers et plus particulièrement aux arbres.



Les fleurs de Pandora...



Les nuits magiques de Pandora.

Tengiz III : un avant goût !

7septembre

Le troisième tome de Tengiz, la BD de Tarek & Morinière va bientôt sortir. Voici un avant goût pour les impatients :


Teaser Tengiz 3

Dialogus

11mars



Dialogus est un site-projet, fondé en 1999 par Sinclair Dumontais et René P. Pibroch, qui vous permet d'échanger par voie épistolaire avec des dizaines de personnalités présumées disparues. Etonnant, intriguant, passionnant, bluffant, dérangeant, séduisant... on pourrait tout dire de Dialogus car il ne laisse pas indifférent. C'est certainement pour cela qu'il m'a attirée et que je fais aujourd'hui partie de l'équipe de bénévoles qui l'anime.

J'ai demandé à l'un de ses fondateurs, Sinclair Dumontais, écrivain québecois, de me laisser l'interviewer.

Monsieur le Directeur, ce n’est pas un peu bizarre, ton truc, Dialogus ?

Je vous t'avoue que cet entretien commence bien mal. Primo, ce n'est pas mon truc: c'est le truc à tout le monde. Tout le monde peut venir y laisser sa trace. Qui en pastichant une célébrité de l'Histoire, qui en lui écrivant, qui en nous aidant à corriger toute cette correspondance, qui en nous aidant à la placer sur le site. Secundo, je ne dirais pas que c'est bizarre. C'est original, certes, mais il existe des sites Internet autrement plus bizarres que Dialogus. J'ai bon espoir que l'Histoire ne soit pas encore entrée dans la catégorie des choses bizarres. Cela dit, peut-être est-ce vous qui êtes bizarre...

Je te vois venir monsieur le Directeur, mais mes bizarreries ne sont pas le sujet de cet entretien ! Je ne dis pas que l'Histoire est bizarre, ni la mythologie, la littérature, les arts... qui sont représentés sur Dialogus, mais enfin, parler avec des personnes disparues ! Dialogus, c'est du spiritisme virtuel alors ?

Ce serait un pléonasme. À ce compte-là, je préfère encore parler de bizarrerie. Alors oui, si vous y tenez, Dialogus est bizarre. En fait, c’est l’idée initiale qui est bizarre, étonnante, déroutante même. Dès le moment où vous avez apprivoisé l’hallucination, l’inconcevable se dissipe et vous arrivez à vous y promener sans gêne. Dialogus n’est pas le seul jeu qui sollicite l’abandon et la crédulité, n’est-ce pas? Vous faites dans la BD, je crois. Vous créez des mondes autrement plus bizarres que Dialogus.

C'est vrai que la BD fait vivre des univers qui peuvent être étranges, mais il ne s'agit toujours que de récits livrés à des lecteurs. Toi, cher Directeur, tu as créé un site qui fait des internautes des acteurs, des co-rédacteurs du récit et il en faut de l'abandon pour s'impliquer dans une correspondance avec Rantanplan ou Satan. Lorsque tu l'as créé, pensais-tu accueillir des personnalités aussi variées, notamment des personnages de fiction ?

À vrai dire, je ne pensais rien. L’idée aurait très bien pu être aspirée par un trou noir, vous savez. D’autant plus qu’il y a dix ans, l’Internet en était encore à sa toute première génération. Tout le monde explorait dans tous les sens. Ce qu’on appelle aujourd’hui le Web 2.0 était à peine naissant. Comme nous ne savions pas si Dialogus survivrait, nous étions bien loin d’imaginer la direction que le site prendrait. Pour en revenir aux personnages de fiction, permettez-moi de distinguer d’une part les héros de romans et d’autre part les héros de bandes dessinées ou de dessins animés. Nous avions décidé dès le départ que les premiers en seraient. Quant aux seconds, nous avons dû choisir lorsque le premier s’est présenté à nous. Nous avons dit oui et je crois que c’est une bonne chose. Après avoir accepté les uns, il eut été difficile de refuser les autres.

Hum je ne vais pas vous reprocher d'accueillir des héros de BD et certainement pas d'héberger Rantanplan dont les correspondances me font bien rire ! Certes, Dialogus était un OVNI dans le tout jeune Internet lorsqu'il est né - et je crois qu'il l'est toujours - mais, puisque ce projet s'est adapté, il le fera certainement encore. J'ai d'ailleurs découvert que Dialogus a un groupe sur Facebook ! Tu flaires les tendances monsieur le Directeur, mais c'est ton métier après tout. D'autres idées de ce genre ?

D’autres idées ? Assurément. Vais-je les révéler ici, maintenant, comme ça, au vu et au su de quiconque viendra voyeurer votre blog ? Il n’en est pas question, mademoiselle.

Que serait le monde sans surprise ? Hm ? Vous y avez songé ?

Et que serais-je si rien ni personne ne me surprenait plus ? Oui monsieur le Directeur, j'y ai songé souvent. Bien, je ne vais pas vous arracher vos secrets et je vais visiter vos souvenirs dialoguséens. Parlez-moi des personnalités qui vous ont étonné, des correspondances qui vous ont déconcerté ou séduit.

Je suis toujours plus séduit par la forme que par le contenu des prestations. C’est normal, sans doute, car Dialogus est d’abord et avant tout un jeu. Un pasticheur qui maîtrise les idées mais qui ne maîtrise pas le ton, le style, la manière, aura bien du mal à me faire croire en son authenticité. Cela dit, il me serait bien difficile de louanger l’une ou l’autre de nos personnalités sans être gêné de passer les autres sous silence. D’autant plus que parmi ces autres, il s’en trouve dont l’authenticité ne peut être évaluée. Prenez Achille, par exemple. Comment pouvons-nous savoir si son verbe est authentiquement... achillien? Et Rantanplan, qui vous fait si rire? Il n’a jamais été aussi bavard que chez Dialogus, mais ni vous ni moi ne savons s’il est authentique dans la manière. Il a fait un pari, et ma foi c’est gagné. Son jeu nous fait oublier le fossé entre le Rantanplan de Dialogus et celui de Morris.

Dis donc monsieur le Trappeur-Directeur, tu restes très prudent dans tes propos, à croire que tu te méfies des maudites Françaises ! Je vais devoir être plus incisive alors hé hé. Parlons des sujets qui choquent donc ! Lorsqu'on parcoure la page d'accueil de Dialogus, on a la liste des personnalités actives, c'est à dire qui répondent actuellement aux correspondances, mais on accède aussi aux personnalités archivées et là il y a de quoi s'interroger et choquer certaines personnes. Je pense notamment à des gens comme Dieu et Hitler qui se sont exprimés sur Dialogus (tu vois si tu avais été moins politiquement correct je t'aurais parlé de Louis XIV ou de Boris Vian).

V’là autre chose, maintenant. Je ne leur prends pas la patte dans un piège, les personnalités de Dialogus. Elles viennent de façon tout à fait volontaire, la preuve étant d’ailleurs l’existence de cette section dont vous me parlez, les archives. Alors parlons-en. Oui, l’arrivée d’Hitler a choqué. Nous avons reçu une volée de bois vert. Il fallait s’y attendre ! Nous avons senti le besoin de nous justifier. Un billet, intitulé «Le courage de dire», a expliqué notre position. Par contre, personne ne s’est offusqué de la présence de Dieu. Même que lorsqu’il était présent, il était parmi les personnalités les plus sollicitées. C’était très souvent assez délicat, et même pathétique, je vous avoue. Des enfants lui demandaient pourquoi il leur avait enlevé leurs parents. Des parents demandaient pourquoi leur enfant était infirme. Jeu ? Réalité ? Allez savoir. Le choix d’accepter Dieu est d’ailleurs assez chaloupeux, car suivant nos règles, la personnalité doit être décédée pour être reçue. Indirectement, son acceptation est une prise de position. Nous avons ouvert un panier de crabes. Je ne suis pas fâché qu’il soit maintenant refermé, je vous avoue. Cela dit, n’en faisons pas un fromage. Ces acrobaties ajoutent du piquant au site.

Trappeur, c'était juste pour rappeler que Sinclair Dumontais est québecois, parce que tu vois monsieur le Directeur, "sirop d'érable", cela ne t'irait pas du tout. Mais revenons à nos biquettes sans faire de fromage. Alors nous voila avec un projet incroyable et sans te flatter directeur, je trouve l'idée géniale. J'aime beaucoup aussi votre volonté de défendre la langue française et j'aimerais bien que tu m'expliques comment vous faites pour gérer toutes ces personnalités et leur volumineuse correspondance.

Sans faire de fromage, je remarque que vous jouez les renards qui s’installent sous les corbeaux. Mais passons. Comme fais-je pour gérer tout cela ? C’est fort simple : je me suis cloné. Près de vingt personnes contribuent quotidiennement à la gestion du site, bénévolement car nous n’avons aucun revenu, en accomplissant des tâches qui vont de la coordination des troupes jusqu’à l’édition de la correspondance, en passant par son aiguillage et deux étapes de correction. Ces fidèles infatigables sont bien sûr des inconditionnels de Dialogus et de ses valeurs. D’ailleurs, plusieurs sont également parmi nos pasticheurs. Cela dit, nous sommes en recrutement de façon quasi permanente. Pas du côté des pasticheurs, car ils viennent généralement d’eux-mêmes, mais du côté de cette équipe qui est dans les coulisses de Dialogus. Croissance oblige : plus nous avons de personnalités, plus nous avons de lettres à traiter, corriger et éditer. La situation optimale sera toujours celle où le ratio bénévole/volume de la correspondance permet à chaque bénévole de pouvoir contribuer sans que sa tâche ne devienne trop lourde.

Je crois que je vais donc souhaiter à Dialogus de voir son équipe grossir et d'être rejoint par des gens ayant envie de contribuer à cet étonnant projet. Je vais cesser de t'embêter monsieur le Directeur... ha si, une dernière question : quelle personnalité de Dialogus animes-tu ?

Je ne répondrai qu’en présence de mon avocat.