Cabal
Cabal et la Cité de Midian
CABAL est un film de Clive Barker, un maître du fantastique sombre, comme le démontre la série des Hellraiser.
Dans ce film, on navigue dans la folie supposée de Boone, un homme qui découvre avec horreur et grâce à son psychiatre, le très sérieux Docteur Decker, qu'il est un tueur psychopathe.
Boone est hanté par des rêves dans lesquels il parcoure la Cité de Midian, un lieu habité par des monstres et il décide de s'y rendre. Il sait maintenant qu'au regard de la société il est lui-même un monstre.
L'entrée de Midian est située dans un cimetière. Le lieu est oppressant, peuplé de créatures nocturnes effrayantes qui vivent là cachées, gouvernées par Baphomet. Mais on ne devient pas membre de cette société parce qu'on le décide et Boone ne va pouvoir devenir un Nuitant qu'en mourrant.
CABAL est un bon sujet d'inspiration parce qu'il présente un univers fantastique existant dans notre société et en marge de celle-ci. Adieu paillettes et jolies créatures féériques, les habitants de Midian sont définitivement effrayants et il faut dépasser le cap de nos peurs ordinaires, de nos idées préconçues pour découvrir... leur humanité.
Midian, la ténébreuse et inquiétante cité souterraine est un refuge d'êtres dont la société ne voudrait pas, vivant dans la peur d'être découverts et qui, nettoyés du vernis de notre civilisation, livrent leurs émotions et leur nature.
Comme souvent dans les films fanstastiques que j'affectionne, notre univers - celui qui représente la normalité - est bien plus sombre, bien plus sale que ce qui, au premier abord, pourrait apparaître comme l'élément ténébreux du film.
Lorsque j'ai parlé de Cabal à Aurélien, nous avons tous deux utilisé en parlant des habitants de Midian des adjectifs qui montraient notre fascination pour les Nuitants et l'affection que nous avions pour eux. Lorsque Samhain fut écrit, nous en avons reparlé et Aurélien m'a dit :
Il y a une différence notable entre Cabal et notre projet. Dans Cabal le fantastique est menacé par le réel, très directement. Dans Samhain ça aurait tendance à être l'inverse, même si cela semble moins belliqueux. Dans Cabal il y a une réelle hostilité de la "normalité". Ça me rappelle cette histoire des fées qui sont détruites par le mépris ou l'ignorance des gens "normaux".
C'est cela... les monstres de Midian sont les fées que l'on tue chaque jour et nous avons choisi de les laisser vivre.

CABAL en BD, recto et verso :


Commentaires
Très bonne analyse -bien que succincte- de ce film injustement boudé par le public. Il représente pour moi l'un des meilleurs travaux de Clive Barker, un maître dans cette irruption du fantastique dans le réel. Le film, plutôt sombre, présente aussi l'une des plus "belles" galeries de monstres de l'histoire du cinéma.
Belle inspiration pour Samhain.
Le film a été boudé tout simplement parce que comparé au bouquin, c'est une daube.
L'histoire est par contre une nouveauté : les monstres sont les humains et le lecteur/spectateur (pour ceux qui n'ont vu que le film) n'a rien pour s'identifier au "gentil". En cela l'horreur est parfaite : même en allumant la lumière, le monstre est toujours là.
Quant à Midian, c'est une parfaite transposition moderne du Tertre du Petit Peuple.
J'ai aimé Cabal et son univers mais je préfère de loin le mythe (car je pense que l'on peut parler de mythe) d'Hellraiser et de Pinhead et cette recherche a l'extrême du plaisir de la chair qui se conjugue étrangement avec la souffrance... Bref surprenant mais captivant.
Pour le moment, je poste les sujets d'inspiration dont nous avons parlé en créant Samhain.
Par contre, pour le projet de BD suivant, il y aura surement un article sur Hellraiser, mais je n'en dirai rien pour le moment