Morinière a accepté d'aborder la mythologie celte qui m'est particulièrement chère et de représenter Blodeuwedd. On peut lire son histoire dans le Mabinogi, recueil de contes gallois du moyen-âge.

Cette illustration représente la naissance magique de Blodeuwedd.


Cette femme fut créée par le magicien Gwydion (qui présente des ressemblances avec Merlin) pour servir d'épouse à Llew Llaw Gyffes. Ce dernier est en effet sous l'emprise d'une malédiction qui l'empêche d'épouser une femme humaine. Blodeuwedd est la plus belle des femmes, une créature d'essence divine, née de la magie. Aussitôt épousée, aussitôt délaissée par son mari parti à la conquête de territoires, elle s'éprend d'un voyageur, Gronw Pebyr. Elle va ensuite, par la ruse, obtenir de son mari réputé indestructible, le secret permettant de le tuer et le livrer à Gronw Pebyr. Ce dernier va abattre son rival qui s'enfuira, mortellement blessé, sous la forme d'un aigle. Il sera retrouvé une année plus tard par Gwydion qui lui redonnera vie et changera Blodeuwedd en chouette pour la punir.

Hanes Blodeuwedd

Ni de père ni de mère
Fut mon sang, fut mon corps.
Je fus enchantée par Gwydion,
Premier enchanteur des Bretons,
Lorsqu'il me forma de neuf fleurs,
Neuf bourgeons d'espèce différentes
De la primevère des monts,
Genêt, reine des prés, nigelles,
Tous ensemble entrelacés.
Sortant de la gousse de fève,
Une blanche et spectrale armée
De terre, d'extraction terreuse,
D'inflorescence d'orties,
Chêne, épine et timide châtaigner
Les neuf pouvoirs de neufs fleurs,
Neuf dons en moi combinés
Neuf bourgeons d'arbres et plantes.
Longs et tout blancs sont mes doigts
Comme la neuvième des vagues.

(Les mythes celtes - La déesse blanche - R. Graves)


Comme la plupart des récits gallois, celui-ci est riche en symboles, depuis le choix des fleurs servant à créer Blodeuwedd qui incite à penser qu'elle est une déesse à la fois lunaire et de la nature, jusqu'à sa transformation en un oiseau nocturne symbole de sagesse et de connaissance.